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Char Lourd Allemand Panzer VI Ausf. E »Tiger I«
Le légendaire char Tigre fit ses débuts devant Léningrad, en août 1942. Une compagnie de 12 véhicules arriva en Tunisie à la fin du mois de novembre de cette même année. Le Tigre était la réponse directe de l’armée allemande aux chars lourds KV et chars moyens T-34 soviétiques qui avaient tellement surpris la Wehrmacht en 1941. Le Tigre est généralement considéré comme le char le plus sophistiqué développé pendant la dernière guerre, mais il était moins rentable que le T-34 ou le Panther. Maquettes disponibles
La légende entourant le Tigre a débuté en Tunisie, à la fin de 1942 et au début de 1943. Un total de 30 Tigres furent déployés sur ce front et ils surclassèrent complètement les chars moyens américains et britanniques qui y opéraient. Les deux compagnies du 501 schwere Panzerabteilung et une compagnie du 504 schwere Panzerabteilung furent utilisées comme "pompiers", fournissant un support très apprécié aux troupes de l’Afrikakorps. Le canon anti-char de 6 livres britannique pouvait percer le blindage latéral du Tigre à une portée inférieure à 500 m, mais pour arriver à ce résultat, il fallait une position bien camouflée et une équipe de servants courageux. La légende aurait pu s’arrêter là, les Tigres brûlant à Koursk en juillet 1943, si ce n’est pour un certain nombre de mythes populaires qui l’ont maintenue en vie au fil du temps. L’erreur la plus courante au sujet du Tigre est de croire qu’il était armé du "88" ou "Acht-Acht". En fait, le 88 rendu célèbre par Rommel en France puis en Afrique était le canon anti-aérien 88 mm L.71 FlaK 35/36. Le Tigre, quant à lui, n’était armé que du 88 mm L.56 KwK 36 qui avait des performances nettement moindres. Prévus à l’origine comme canons de DCA contre les bombardiers volant à haute altitude, les canons de FlaK Acht-Acht furent souvent utilisés dans un rôle anti-chars. Les Flak 35/36 déployés lors de la bataille de Kasserine détruisirent un nombre important de chars américains à des portées comprises entre 5 et 9 km. La portée anti-chars maximum est annoncée comme étant de 13 km. La table ci-dessous compare les performances du 88 avec celles du 88 mm L.56 plus court du Tiger I et celles du 75 mm L.70 KwK 42 du Panther:
Malheureusement pour le Tiger, son développement fut mené en dépit du bon sens: le "client" voulait un char fortement blindé armé d’un gros canon, le reste devait automatiquement suivre. Le fameux 88 ne pouvait trouver place dans le Tiger I et même la version L.56 plus courte et nettement moins puissante demandait une tourelle de dimensions imposantes. En fait, la culasse touchait la face arrière de la tourelle. Une des conséquences de cet état de fait fut qu’il fallait une coque également imposante pour supporter la tourelle. Blindage verticalSi la taille du canon a une conséquence directe sur les dimensions du véhicule, on peut garder celles-ci dans des valeurs acceptables et garder une certaine capacité d’emport de munitions en utilisant un blindage vertical. Le Tiger I était 22% plus court et 20% plus léger que le Tiger II pour lequel on utilisa un blindage incliné. Ce type de blindage incliné est nettement plus léger qu’un blindage vertical pour des caractéristiques de résistance identiques, mais il entraîne des dimensions nettement plus importantes du véhicule, perdant par là l’avantage de poids qu’on aurait pu attendre. Le blindage vertical fait appel à son épaisseur pour résister aux coups, tandis que le blindage incliné fait ricocher la plupart des coups. La table ci-dessous compare les possibilités de pénétration du canon anti-chars britannique 17-pdr L.58 tirant sur un blindage incliné de 45 et 60 mm d’épaisseur, sur un blindage moins incliné de 80 mm et sur un blindage vertical de 100 mm à 500 mètres.
La légende entourant le Tiger a pris corps sur les théâtres d’opérations d’Afrique de Nord et d’Europe de l’Ouest sur lesquels opéraient des M3 Grant et M4 Sherman dont les équipages devaient se sentir bien vulnérables dans leurs caisses trop minces. Tout comme le Tiger I, le Sherman était doté d’un blindage vertical sur les côtés, mais il était moins épais et beaucoup plus susceptible d’être transpercé. Au niveau tactique, si les Grant et les Sherman tournaient pour faire face aux Tiger, ils s’exposaient aux tirs de flanc des canons antichars de 50 mm L.60 PaK 38, 75 mm L.46 PaK 40 et 88 mm L.71 FlaK 35/36 tirant à très longue portée. Grand et trop lourdLe Tiger I était un véhicule imposant, il avait 2,2 fois le poids d’un T-34, ce qui en faisait un objectif très visible et difficile à camoufler. La version de production du Tiger I pesait 11 tonnes de plus que le prototype. Ce poids énorme amena de nombreux problèmes qui réduisirent les capacités combatives du Tiger I de manière significative. Pannes et dépannageLe poids important du Tiger I nécessitait un train de roulement très sophistiqué composé de 8 barres de torsion et de 24 galets de roulement imbriqués par côté. Si l’un des galets intérieurs était endommagé, on pouvait avoir à en retirer jusqu’à 13 autres pour y travailler. Dans la zone des combats, une telle réparation présentait beaucoup de risques pour l’équipage, sans qu’il puisse s’y soustraire. La récupération dans la zone des combats était très difficile, car le seul véhicule capable de tracter un Tiger I était un autre Tiger I. A cause de son train de roulement délicat, le Tiger I ne se prêtait pas facilement à ce genre d’exercice et le remorquage entraînait souvent la panne du véhicule tracteur. Sur un sol meuble, les virages et la marche arrière pouvaient amener un déchenillage par décrochage de la chenille du barbotin. En général, il fallait alors couper la chenille ou la faire sauter pour pouvoir réparer, mais il était considéré plus sûr d’essayer de la remettre en place en se faisant tracter par un autre Tiger I. Autonomie limitéeLe Tiger I était largement sous-motorisé. Les moteurs Maybach HL 210, puis HL 230, ne fournissaient respectivement que 478 KW et 515 KW, ce qui n’était pas suffisant pour un véhicule de 56 tonnes. La vitesse de 45 Km/h sur route pouvait être considérée comme acceptable, mais la consommation de carburant était désastreuse. Il faut se rappeler que l’armée allemande avait souffert de sérieux déficits en carburant durant la première guerre mondiale ainsi que durant le deuxième. En 1942, l’armée qui avait inventé la guerre-éclair adoptait un char qui était tout à fait inadapté à la guerre de mouvements. Le Tiger I emportait 534 litres de diesel et son autonomie n’était que de 60 à 100 Km en fonction des conditions du terrain. A titre de comparaison, le T-34 avait une autonomie triple tout en ne consommant que 480 litres de diesel. Le ravitaillement du Tiger I dans la zone des combats était pour le moins difficile, spécialement quand les chasseurs-bombardiers alliés avaient la maîtrise du ciel et traquaient systématiquement les colonnes de ravitaillement. Beaucoup de Tiger I furent abandonnés une fois leurs réservoirs vides. Complications logistiquesLes chars Tiger I ont introduit une certain nombre de difficultés logistiques que l’armée allemande n’avait jamais connues auparavant et qui limitèrent l’efficacité opérationnelle du véhicule. Il a déjà été fait mention du problème de ravitaillement en carburant, mais le char lui-même s’avéra difficile à déplacer d’un objectif à l’autre. Les Tiger I demandaient tellement d’entretien pour les maintenir en état de marche qu’il n’était pas pensable qu’ils se rendent de leurs propres moyens jusqu’aux zones de combats. Le transport par chemin de fer était idispensable. Le chargement et le déchargement de véhicules blindés n’est déjà pas aisé en soi, mais les Tiger I imposaient des contingences supplémentaires. Chaque véhicule était doté d’un jeu de chenilles de transport qui étaient utilisées pour les déplacements par rail. Il fallait enlever 16 galets pour pouvoir placer les chenilles de transport et les chenilles normales devaient être remises en place avant que le Tiger I puisse prendre part au combat. Si les quais de déchargement avaient été perdus ou si la ligne était coupée, la mobilité opérationnelle des compagnies de chars lourds était immédiatement réduite. Il est arrivé que des Tiger I parcourent une distance importante par eux-mêmes, sans nécéssité apparente, mais beaucoup de véhicules tombaient alors en panne et étaient abandonnés. Limites opérationnellesLa faible autonomie et une fiabilité réduite limitaient tellement la flexibilité opérationnelle du Tiger I que ce système d’arme s’avéra difficile à redéployer une fois qu’il avait été mis en oeuvre. Il fallait peser le pour et le contre entre la nécéssité de redéploiement et la récupération des Tiger I immobilisés ou en panne. Il était devenu impensable qu’une formation de chars lourds combatte seule comme Rommel et sa divison l’avaient fait en effectuant une percée en France en 1940. Même une pénétration limitée, comme celle des Ardennes en 1944, s’arrêtait très vite puisqu’elle impliquait des Tiger et des Panthers à mobilité opérationnelle limitée. En 1940, Rommel transportait avec lui ses réserves de carburant et il s’arrangeait pour utiliser les stations-service locales pour faire le plein de ses chars légers. En 1944, le succès ou l’échec dépendaient de la possibilité de s’emparer de dépôts de carburant ennemis afin de permettre aux formations de chars lourds de continuer leur mission. Comme cela arriva dans les Ardennes, beaucoup d’équipages de Tiger I et de Panther abandonnèrent leur véhicule une fois les réservoirs vides. Spécifications techniques
Déploiement Historique
Conversions
Tout comme le char français B1 et le char lourd soviétique KV, le Tiger I représentait un sérieux problème au point de vue tactique, mais il pouvait être isolé, arrêté et détruit quand il avait été reconnu par l’ennemi. La supériorité aérienne alliée joua en défaveur du Tiger I, de même que les tank destroyers, facteurs qui apportèrent un soutien efficace aux formations d’infanterie qui étaient confrontées à ces chars. Paradoxalement, l’armée qui avait vaincu le char B1 et la ligne Maginot commit les mêmes erreurs stratégiques. La bataille de Koursk, en juillet 1943, fut une victoire soviétique et est considérée comme le point tournant sur le front de l’Est. Les pertes en chars inclurent plus de 400 véhicules soviétiques et plus de 300 véhicules allemands dont plus de 10% étaient des Tiger I. Sur le front Ouest, le taux d’attrition était de trois Sherman pour un Tiger I. Une simulation tactique confrontant un Tiger I à cinq Sherman est incluse dans les règles Panzergranate développées par Andrew Mark Reid. Questions FréquentsPour plus d’informations, veuillez contacter les éditeurs de la revue Military Miniatures Magazine au Miniatures Forum. Figurines et Maquettes Allemandes de la Seconde Guerre Mondiale © 1997-2011 by IDL Software GmbH, Darmstadt, Allemagne. Tous droits réservés. Femmes | Hommes | Selfness | Marché de Noël | Rencontre Petit Déjeuner | Love & Fun | Internet Jeu de Guerre | Calendrier Culturel | Liens |
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